Black Lives Matter vs Arméniens, deux poids deux mesures…

Le monde entier a été sous le choc quand un Afro-Americain qui sortait de prison, étant sous influence de drogue, s’est fait arrêter durement par la police américaine avant de décéder à la suite de son arrestation.

Pendant des mois les médias du monde entier n’ont parlé que de George Floyd. Mais quand, fin septembre, l’Azerbaïdjan attaque le Haut-Karabagh (Arménie), l’attention médiatique est tout autre… N’oublions pas que l’Arménie s’est battue avec une population de 3.000.000 contre 10.000.000 d’Azéris, contre 90.000.000 de Turcs et des milliers de djihadistes syriens, pour défendre le Haut-Karabagh où les Arméniens vivent depuis plus de 5.000 ans. Pendant 44 jours les Arméniens ont résisté avec les moyens qu’ils avaient, mais après que les Azéris ont abattu un hélicoptère russe, un cessez-le-feu a été imposé. Ce cessez-le-feu implique que les Azéris reprennent une grande partie des terres arméniennes du Haut-Karabagh.

Il s’agit donc d’un traité honteux et lourd de conséquences. En plus, depuis quelque jours des vidéos circulent montrant des églises arméniennes vandalisées par des soldats azéris, mais ceci ne passera jamais à la télévision… En effet, c’est bien moins important qu’un Afro-Américain sorti de prison et drogué se faisant arrêter par la police américaine !

Toute cette affaire met en évidence les choix de la Russie, partenaire énergétique d’Ankara, qui doit aussi se soucier de l’équilibre interne de ses territoires turcophones et islamiques, et rester attentive à ne pas laisser la Turquie dans le seul giron transatlantique. Il faut rappeler ici que Poutine, en qui certains voient l’homme du destin continental, se positionne d’abord en fonction de ses intérêts nationaux (ce qui est légitime en soi). Il est ainsi clair que l’Europe doit avant tout ne compter que sur elle-même, et que le partenariat euro-russe que nous souhaitons ne peut être possible qu’en passant par une renaissance de l’Europe.

Christian Berteryan