C’est en ce mercredi 2 février 2022 que les parlementaires de la région wallonne devaient voter pour ou contre la modification du Code wallon afin d’y intégrer ou non des pans entiers de l’avant-projet de loi pandémie. 

Après lecture du texte de l’avant-projet de loi, nous pouvons constater qu’il est vraiment dangereux de jouer de cette manière avec la liberté de tous les citoyens wallons, cela est vraiment inquiétant.

Alors que le Conseil d’État avait recalé également cet avant-projet de loi, voté au parlement fédéral, voilà que le gouvernement wallon tente de détourner la décision du Conseil d’État. Cela représente un déni total de démocratie et un viol des lois constitutionnelles.

Trois articles sont particulièrement interpellants. D’abord l’article 18, qui permet aux inspecteurs de l’AVIQ, en cas de maladie contagieuse et risque de décès ou symptômes d’une maladie épidémique grave, d’imposer un traitement curatif ou préventif, de pénétrer en tout lieu susceptible d’avoir été fréquenté par des personnes contaminées, ou encore de prononcer des interdictions professionnelles. 

Cela signifie clairement que si vous êtes supposé contaminé par un virus, les inspecteurs de l’AVIQ pourront rentrer en défonçant la porte de chez vous si vous ne voulez pas ouvrir et pourront vous injecter un “vaccin” ou prendre des médicaments de force, même contre votre gré. Ils pourront aussi faire fermer un établissement après de supposés cas contact et obliger tous les clients à se mettre en quarantaine.

L’article 19, quant à lui, permet de décréter un état d’urgence régional, indépendamment d’une situation d’urgence épidémique décrétée par le fédéral. La région prend son autonomie. Le gouvernement wallon pourra alors, sur le modèle de la loi pandémie, prendre toutes les mesures de lutte contre l’épidémie. Vu l’article assez vague, il pourrait permettre toutes sortes de dérives au-delà des confinements que nous avons pu connaître pendant la crise covid, c’est-à-dire mise en quarantaine, déplacements interdits, fermeture totale des frontières, arrêt de l’économie etc.

Quant à l’article 20, il assortit des mesures de sanctions pénales pour les citoyens ne s’y soumettant pas. 

Environ 150 manifestants se sont rassemblés devant le parlement wallon pour contester ce projet et y sont restés pendant plusieurs heures. Cela semble peu, mais l’organisateur avait prévu cette démarche seulement la veille et en pleine semaine.

Malgré tout, ce projet à été adopté majorité contre opposition dans la soirée sous les faux airs de bienveillance de Christie Morreale, Ministre Vice-Présidente socialiste du Gouvernement wallon, Ministre de l’Emploi, de la Formation, de la Santé, de l’Action sociale et de l’Économie sociale, de l’Égalité des chances et des Droits des femmes. Oui oui, tout cela ! A force de vouloir s’occuper de tout, elle est devenue complètement incompétente, même l’Égalité des chances elle en a perdu le sens ! Quant aux députés PS, MR et Ecolo, ils ont donné un chèque en blanc au gouvernement de la région, leur donnant la démocratie en otage.

Un dernier recours est cependant possible devant le conseil d’État afin de faire annuler cette modification du Code wallon. Croisons les doigts, car à l’heure d’aujourd’hui, nos droits et libertés sont quasiment tous confisqués, à tel point que les jeunes n’arrivent même plus à se projeter dans l’avenir.

Grégory Bourguignon