A l’aube de ce jeudi 24 février 2022, la classe politique occidentale dans son ensemble s’offusque et condamne l’intervention militaire russe en Ukraine. Et les médias mainstream font croire que le méchant Poutine veut la guerre en Europe et annexer une partie de l’Ukraine, mais qu’en est-il vraiment ?

Le conflit en Ukraine n’est pas nouveau. Il a commencé en 2014 lorsque les putschistes de Kiev, soutenus par l’OTAN, ont renversé le gouvernement ukrainien de Viktor Ianoukovytch. Sa décision de suspendre l’accord d’association avec l’Union européenne provoque son renversement par le mouvement Euromaïdan. L’ancien président ukrainien est alors obligé de partir en exil en Russie. Suite à des élections anticipées, il est remplacé par le pro-occidental et pro-Maïdan Petro Porochenko.

Cette révolution menée par les Ukrainiens pro-Européens qui devait se terminer le 23 février 2014, a pris des proportions de guerre civile lorsqu’une majorité de députés de l’Euromaïdan de la Rada (parlement ukrainien) a décidé d’abroger la loi sur les langues régionales du pays. En effet, en Ukraine, plusieurs langues sont parlées en plus de l’ukrainien. Des populations parlent le roumain, le hongrois, et surtout le russe dans les provinces du Donbass et en Crimée (plus de 50 %). Imaginez-vous qu’en Belgique les Flamands prennent le pouvoir à part entière et qu’ils imposent le néerlandais partout en Wallonie ! Bien que la langue flamande n’a pas été reconnue avant 1936 en Belgique, mais ça c’est un autre débat. 

Mais ce qui a surtout provoqué un point de non-retour, c’est quand une énorme bagarre générale a éclaté le 2 mai 2014 à Odessa entre des partisans du Maïdan pro-UE se réclamant de la mouvance néonazie, qui ont poursuivi des opposants au coup d’État qui avait chassé le président Viktor Ianoukovitch. Ces opposants en nombre inférieur ont fuit et ont été obligés de se réfugier à l’intérieur de la maison des syndicats d’Odessa. C’est alors que cette bande de radicaux anti-russophones ont bouté le feu au bâtiment en lançant des cocktails molotov empêchant ses occupants de sortir, laissant ainsi mourir brûlés vifs 48 personnes, et qui a fait en outre 200 blessés, tout ça devant les yeux impassibles de la police ukrainienne.

Il va de soi qu’avec une telle situation des mouvements séparatistes russophones se sont créés dans le Donbass et ont déclaré les républiques de Donetsk et de Lougansk indépendantes. Le gouvernement ukrainien n’a pas laissé faire et a envoyé ses troupes militaires récupérer ces deux provinces. Les séparatistes se sont alors armés eux aussi, ont créé des milices et ont repoussé les forces ukrainiennes, mais le conflit s’est enlisé et dure depuis 8 ans. Cette guerre civile à fait plus de 10 000 morts et la région du Donbass est complétement dévastée.

Le gouvernement ukrainien n’a jamais fait l’effort de revenir sur ses positions pour tenter d’apaiser la situation. Pire, en 8 ans jamais aucune enquête n’a abouti pour désigner les coupables du massacre d’Odessa, et la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova a également estimé que le Conseil de l’Europe fermait les yeux sur l’absence de tout progrès sur cette enquête.

Mais la situation va encore plus loin lorsque l’ingérence étrangère pointe le bout de son nez. Depuis plusieurs années, les Américains sous l’administration Obama vendaient des armes aux milices pro-ukrainiennes néonazies pour continuer de mener la guerre contre les séparatistes russophones. Les gouvernements de plusieurs pays de l’UE ont également vendu des armes aux partisans du massacre d’Odessa, et l’administration Biden a repris également cet armement. Le gouvernement ukrainien qui soutient les milices néonazies voudrait aussi que les Atlantistes implantent une base de l’OTAN en Ukraine, une situation qui devient ainsi insupportable pour Moscou qui supporte déjà les nombreuses bases de l’OTAN tout autour de la Russie, alors que les pays occidentaux avaient promis de ne pas s’étendre à l’Est. Les Occidentaux ont franchi la ligne rouge après de multiples provocations, de négociations diplomatiques qui n’ont jamais rien fait avancer, comme si les alliés de l’OTAN poussaient inexorablement les Russes à entrer en guerre.

L’administration Biden tient une responsabilité écrasante dans ce conflit. Même CNN à reconnu que sous l’administration Trump, l’invasion de l’Ukraine n’aurait jamais eu lieu. D’une part parce que Donald Trump respectait Vladimir Poutine, et d’autre part parce que tout en le respectant il imposait des limites strictes et plaçait un rapport de force. L’administration Biden a fait tout le contraire en insultant Poutine et en reprenant la vieille stratégie impérialiste américaine va-t-en-guerre opportuniste, allant jusqu’à armer les djihadistes de Daesh en Syrie et les criminels nostalgiques de la division Waffen SS du bataillon d’Azov.

Cette situation est bien évidement plus qu’inquiétante, et la réaction de la Commission européenne et des gouvernements européens vassaux des États-Unis ne vont pas dans le sens de l’apaisement. Mis à part les tentatives stériles et avortées de réunions diplomatiques, rien ne va dans le bon sens. Pire, le ministre français des Affaires étrangères insulte Poutine de dictateur, rappelant que l’OTAN est une alliance nucléaire. Ne devrait-t’on pas rappeler la répression policière et de la gendarmerie de Jean-Yves Le Drian sur le mouvement des Gilets Jaunes et des anti-pass de la honte ? Mais de qui se moque-t’il ? D’autre part, si une tentative d’ingérence étrangère a lieu pour empêcher les opérations militaires russes en Ukraine, Poutine a déclaré qu’il y aura alors une réponse immédiate qui aurait des conséquences à supporter que l’on n’a jamais connues jusqu’à présent en Europe. Doit-on en vouloir à Poutine ? Les premiers qui devraient rendre des comptes c’est bien l’administration Biden, la Commission européenne, Macron et ses sbires, De Croo et compagnie, avec la complicité de l’OTAN.

Ce qu’on ne nous dit pas non plus c’est que les sols du Donbass regorgent de matières premières, et qu’à l’heure de la raréfaction de ces dernières la convoitise de cette région est grande. Mais vaut-elle pour autant le déclenchement d’une troisième guerre mondiale qui aurait des conséquences dévastatrices à travers le monde entier ?

La seule manière d’en finir avec ce conflit c’est de laisser les peuples du Donbass s’autodéterminer par référendum sur leur statut d’indépendance, comme cela s’est fait avec la Crimée en 2014 qui a décidé de rejoindre la Russie, et que la communauté internationale reconnaisse les républiques du Donetsk et du Lougansk. De cette manière, plus aucun gouvernement ukrainien ne pourra s’interposer et contester ces décisions.

Grégory Bourguignon

By Luna